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Les Kiptchaqs (Coumans)


Dont l'une des nombreuses familles Türk a fondé la Turquie actuelle.

Modérateurs: Alokhan, Che Khan

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Message 23 Nov 2005, 19:58

Les Kiptchaqs (Coumans)

Les Kiptchaqs

Peuple turcophone / Type physique : un mélange de type mongoloïde et europoïde.

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Khanat Kiptchaq

Il est difficile de déterminer avec certitude la région de départ des Kiptchaqs. Néanmoins, on peut avancer qu’ils vivaient à l’origine, en Sibérie.
Il est également possible que les Kiptchaqs formèrent au IXème siècle et avec les Kimeks, un Khanat sous forme de "fédération" de plusieurs peuples à l'est du lac Balkhach.

Ensuite, ils quitteront cette "fédération" et immigreront vers l'Ouest.

Les Kiptchaqs occidentaux seront appelés Polovtses par les Ruthènes, Coumans par les Latins et Kun par les Hongrois.
Le terme "couman" est connu des sources arabo-persanes : Qumâni et byzantine : Komanoï.

Les Ruthènes ( Rus de Kiev) les décrivent à la fois de type nordique, blancs de teint et blonds ou roux de cheveux mais aussi avec des caractéristiques mongoloïdes.

Pour des raisons inconnues, ils commencent, à partir du XIème siècle, à se déplacer vers l’Ouest.
Se répartissant de part et d’autre de la Volga et de l’Oural, ils forment, petit à petit, deux blocs : les Kiptchaqs orientaux et les Kiptchaqs occidentaux.


Dès 1055, on les signalent au nord de la Mer Noire, dans les plaines fertiles de l’Ukraine ou ils entrent en compétition avec les Petchenègues.

Byzance, qui subit également les assauts des Petchenègues depuis l’Europe centrale, prend “langue avec eux” et leur demande leur aide afin d’éliminer l’ennemi commun.

Ce qui est dit est fait et le 29 avril 1091 les Petchenègues sont défaits et disparaissent de l’histoire (ou sont, comme d’habitude, assimilé au vainqueur).

Débarrassé des Petchenègues, les Kiptchaqs s’y installent durablement dans cette région d’Ukraine. De cette base, ils lanceront de nombreuses incursions dans les principautés russes (Kiev et autres). Des relations intimes et complexes, faite d’alliances et de conflit se mettent en place entre eux et la Ruthénie Kiévienne

Dans ce contexte, on peut citer “Le Dit de la Campagne d'Igor”, la plus ancienne œuvre littéraire russe connue, datant de la fin du XIIème siècle et qui raconte la campagne militaire d’ Igor Sviatoslavitch contre les Kiptchaqs.


Si les Russes (Ruthènes) les décrivent comme de purs nomades et si la grande majorité l’était, on trouve aussi parmi eux des agriculteurs sédentaires et des artisans.

Leurs camps principaux, qui parfois se transformaient en établissement fixe ( ville et comptoir) se trouvaient sur la basse Volga, à l’endroit même ou les Khazars avaient établi des centres commerciaux actifs et prospères.

Par le fleuve, ils commerçaient avec les Bulgares et les états russes. Par la route, avec le Khwarezm et par la Mer Noire, avec Byzance et l’Anatolie.

On y vendait des armes, des chevaux, de la fourrure, de l’ambre mais surtout des esclaves.
Des esclaves que le chah du Khwarezm et Égypte arabe achèterons en très grand nombre.


Des tribus kiptchaqs seront également des alliées fidèles de la Géorgie

Vers 1221, les Kiptchaqs font la rencontre des troupes mongoles de Subotaï ( voir : la chevauchée de Subotaï).

Certains clans kiptchaq se rallient aux Mongols et combattent avec eux dans le Caucase.

Par contre, le Khan des Kiptchaqs , Köten Khan, s’allie avec les principautés russes et fait appel au prince de Galicie, Mstislav Mstislavic (qui est son gendre) pour combattre les Mongols.

Cette alliance sera défaite à la bataille de ‘la Kalka’ (1223)

Lorsque les Mongols envahissent à nouveau le pays Kiptchaq en 1238, une grande partie des Kiptchaqs orientaux se rallient à eux.

Par contre, Köten Khan et 40.000 des siens passe en Hongrie. Accueilli par le roi de Hongrie, Bela IV, il s’installeront dans deux régions qui portent encore aujourd’hui les noms de “Grande Coumanie” et “Petite Coumanie”.

Quelques temps avant l'invasion des Mongols et la bataille de Mohi (1241), Köten Khan sera assassiné par les Barons hongrois qui se méfient des Kiptchaqs.
Après avoir ravagé la Hongrie, en représailles, une partie des Kiptchaqs de Koten khan iront se réfugier en Bulgarie.

Nous pouvons également citer un certain “Bachman”, khan des Kiptchaq Oulirlik qui, avec quelques Alains, mène une guerre de partisans sur les rives de la Volga avant d’être pris et exécuté par les Mongols.

Après ces quelques faits de résistance, les Kiptchaqs occidentaux sont, à leur tour, assimilé par les Mongols

C’est Batu (fils de Djortchi et petit-fils de Gengis Khan) qui héritera du pays Kiptchaq qui prendra le nom de ‘Khanat Kiptchaq’ mais sera plus connu sous celui de la‘Horde d’Or’.

On considère que les Kiptchaqs formeront alors le principal fond de la population nomade de la “Horde d’Or”.

La langue kiptchaq replacera même la langue mongole et deviendra la langue véhiculaire de la “Horde d’Or”.

Les différents parlers des "Tatars" actuels descendent du parler kiptchaq.

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Je vous propose des portraits de khans kiptchaqs dans la rubrique "Encore d'autres Portraits" :

Koten Khan
Autres Khans Kiptchaqs
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Message 15 Juin 2012, 09:55

Les Kiptchaq (Coumans)

A Propos des Kiptchaq

Les Kipchaq vu par les Francs de Constantinople :

Les Kiptchaq étaient aussi bien connus des Francs de Constantinople qu’ils nommaient “Comains”.

C'est grâce à ses quatorze mille « Comains » païens que le roi des Bulgares avait écrasé Baudouin Ier à la bataille d’Andrinople, en 1205.

Les “Comains” avaient continué leur course dans l'empire latin jusqu'à ce que l'empereur Henri de Hainaut (frère de Baudoin Ier) les refoule.

Aux alentours de 1239, un groupe important de “Comains” qui, selon un chroniqueur, nomadisaient dans les plaines d'Ukraine.

Cette alliance sera fort précieuse pour les Croisés qui, à l'appel de Grégoire IX, s'étaient portés au secours de l'empire latin. En effet, grâce à leur aide, ils purent, sans problème et après avoir traversé la Hongrie, atteindre Constantinople à travers la Bulgarie.

Les chroniqueurs, Joinville et Aubry de Trois-Fontaines, étonnés de l'étrangeté de certains rites, nous en ont laissé le souvenir.

Les nouveaux alliés mélangèrent leur sang dans une coupe dont ils burent le contenu.
On trancha en deux un chien pour marquer l'opprobre qui atteindrait celui qui manquerait à son serment.
Quand le principal chef des Comains, Ionas, mourut en 1241, on l'ensevelit près des murailles de Constantinople sous un tumulus, en accompagnant cet ensevelissement du sacrifice d'hommes et de chevaux.


Sans équivoque, on peut remarquer que le rite de la coupe à boire et le sacrifice d’hommes et de chevaux au décès d’Ionas remontent à l’époque scythe !!!


Voir la Tradition des gobelets toast

Les Kiptchaq vu par Robert de Clari :

Robert de Clari, chevalier picard qui a participé à la quatrième croisade rencontre le peuple “couman" et les décrit comme suit :

“ Les Coumans sont un peuple sauvage qui ne sèment ni ne moissonnent. Ils n'ont pas de cabane ou de maison, mais de grandes tentes construites à partir de peaux dans lesquelles ils trouvent refuge, alors qu'ils vivent exclusivement sur le lait, le fromage et la viande. Pendant l'été, les mouches et les moustiques autant se réunissent, qu'ils n'osent même pas à sortir de leurs tentes afin d'envahir les terres qu'ils baguette de piller”.

“Les chevaux avaient un sac pour l'alimentation attaché à la bride et en un jour et une nuit, ils peuvent rouler sept jours de marche. Ils partent en campagne sans aucun bagage, et quand ils reviennent ils prennent tout ce qu'ils peuvent transporter. Ils sont armés d'arcs et de flèches composites".

"Il sont connus, comme les Bulgares, pour boire le sang de leur cheval (qu'ils allaient couper une veine) quand ils sont loin d'une source disponible".

“Une autre caractéristique intéressante des Coumans est leurs masques raffinés dont ils se servaient dans la bataille - ils étaient en forme et porté sur le visage”.


Les Kiptchaq vu dans la Chronique de Radziwill :


La Chronique de Radziwill est une œuvre monumentale écrite en vieux russe et qui retrace l’histoire de la Russie et de ses voisins. L'œuvre original daterait du XIIIème siècle mais c'est copie faite au XVème siècle qui est conservée à l’Académie des sciences de Russie, à Saint-Pétersbourg.

Voici ce qu’elle nous indique sur les “Coumans” :

“Une caractéristique typique des Coumans étaient le port de la moustache. Le costume traditionnel oCuman composait d'un pantalon et d'un caftan , chacun attaché par une ceinture. Les hommes étaient rasés au sommet de leur tête, tandis que le reste de la chevelure était tressée en plusieurs nattes . Les Coumans portaient couramment des chapeaux pointus.”
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Message 04 Mars 2013, 21:10

Les Kiptchaqs (Coumans)

Présence des Kiptchaqs en Asie centrale.

Au Royaume du Kharezm :

Une princesse kiptchaq, Terken-Khatun, épouse Ala ad-Din Tekish, le Shah du Kwarezm, (1172-1200). Cette femme, d'une forte personnalité selon les sources, est arrivée au Kwarezm avec quelques membres de sa famille.

Ceux-ci ont occupé, par la suite de hautes places dans la hiérarchie de l'État et ont participé aux décisions politiques.
La présence de Terken-Khatun a provoqué une grande vague d'immigration kiptchaq au Kwarezm.
Vers l'an 1200, l'armée kwarezmienne comportait une grande proportion de Kiptchaq dans ses troupes.

Lorsque les troupes de Gengis Khan attaquent le Royaume (1219 - 1220), elles devront affronter les Kiptchaq au service du Shah


A Byzance :

Au début, les Kiptchaq servaient Byzance principalement comme mercenaires.

Leur pénétration s'intensifie au cours du règne de l'empereur Jean III Vatatzès (1222-1254), qui installe plusieurs d'entre eux sur son territoire et les met en valeur au sein de l'armée.

Un de leurs chefs se baptise et épouse une jeune fille de la famille impériale. De ce mariage est né Syrgiannès Paléologue (militaire de carrière, il sera impliqué dans la guerre civile qui opposera l’empereur Andronic II à son petit-fils Andronic III.


En Géorgie :

La présence des Kiptchaq a commencé très tôt et a été importante et décisive en Géorgie.

Le roi de ce pays, David IV (1089-1125), dans son effort pour se libérer du joug des Türks Seljoukides appelle les Kiptchaq à son secours. En effet, ceux-ci sont en difficulté dans leurs luttes contre les Ruthènes (Russes d'Ukraine) au Nord et les Ossètes au Sud.
David IV leur propose de les aider à condition que ceux-ci s'engagent à le seconder dans sa lutte conte les Türks.

Pour ce faire, en 1118, accompagné de son fidèle conseiller Georges de Tchkondidi et de sa garde personnelle, David IV traverse le Grand Caucase et se rend à la cour d'Atrak, khan, des Kiptchaq.
Après d'importantes négociations, les Géorgiens parviennent à convaincre Atrak de leur faire don de plusieurs milliers de ses guerriers pour combattre les Seldjoukides.
Mais malgré cet accord, les Kiptchaqs n'arrivent pas à se rendre en Géorgie en raison de la guerre contre les Ossètes.
Ces derniers ne laissant pas David IV retourner dans son royaume avec les renforts, le monarque géorgien mène personnellement une campagne contre l'Alanie. Il réussi à prendre rapidement toutes les forteresses du pays et oblige les Ossètes à lui jurer allégeance.
Prenant des otages aussi bien ossètes que Kiptchaqs, il parvient à négocier une paix durable entre les deux peuples et retourne au royaume de Géorgie avec près de 40 000 familles qiptchaks (près de 200 000 individus), menées par le prince Atrak en personne.

Les nombreuses familles qiptchaks sont installées dans des établissements coloniaux en Karthli intérieure, là où une grande partie de la population géorgienne avait été exterminée par les Seldjoukides dans les années 1180, mais aussi en Héréthie et dans le nord de l'Arménie géorgienne, dans le but de renforcer les frontières. Ils sont également accompagnés de mercenaires ossètes, avares et kurdes.
Bientôt, ils adoptent la chrétienté, apprennent la langue géorgienne, changent leurs habitudes nomades et se sédentarisent, et se mélangent graduellement aux Géorgiens.

Son alliance avec les Kiptchaq se scelle par un mariage, David IV épouse la fille du chef kiptchaq, Atrak.
Une large proportion de ceux-ci, malgré quelques difficultés d'intégrations,vont même se “christianiser”.


Grâce aux Kiptchaq, David IV combat les Türks Seljukides avec succès (voir : Bataille de Didgori ).

La présence de Kiptchaq, dans l'armée géorgienne, continue même après la mort de David IV. Plusieurs d'entre eux atteignent de hautes places dans l'administration de l'État et dans
l'armée.

Quand la Reine Thamar monte sur le trône en 1184, deux Kiptchaq influents se trouvent dans sa cour, Kutlu Arslan, qui gérait les finances et le général Kubasar.

La Reine Thamar sera obligée d'écarter ce dernier du pouvoir. Le général ira se réfugier dans les montagnes de la “Mer Noire”. Il est dit qu’il serait l’ancêtre du clan kiptchaq des “Kumbasarogullari”.

Cependant, pendant le règne de Thamar, on note de nouvelles arrivées de Kiptchaq en Géorgie.

En 1220, l'armée géorgienne comportait encore 20000 Kiptchaq.

En 1222, Les Mongols de Subotaï affronteront les Géorgiens (voir la Chevauchée de Subotaï). Nul doute qu’ils combattront également les auxiliaires kiptchaq.

D'après les spécialistes turcs modernes, des traces de la présence Kiptchaqe en Géorgie peuvent encore être trouvées dans les territoires frontaliers entre la Turquie et la Géorgie et notamment dans la province de Rize. Certaines familles locales se réclament avoir un lien avec les anciens clans ayant jadis servis en Géorgie.
(Les Koumassars, par exemple). Les Türks Meskhetes, une large communauté musulmane déporté de Géorgie sous la direction de Joseph Staline en 1944, prétendent également que les Kiptchaqs qui se sont installés en Géorgies sont leurs ancêtres.
Che Khan, votre humble serviteur
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