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Le Commerce des fourrures de luxe

MessagePublié: 29 Sep 2005, 20:51
par Dame Annick
Le Commerce des fourrures de luxe


Les négociants chinois et arabes manifestaient un très grand intérêt pour les itinéraires du nord, car l’Europe orientale était l’un des fournisseurs de la meilleure fourrure.

Il y avait une grande demande sur la zibeline, surtout sur la zibeline noire, la martre avec la poitrine blanche qui était répandue en Crimée et au Caucase. Déjà à l’époque franque, l’aristocratie préférait la fourrure de castor (les testicules de castor étaient connues en tant que remède efficace).

On fabriquait aussi les pinceaux de peintre avec de la fourrure de lynx et de loutre.
L’Europe orientale exportait la fourrure de renard, d’écureuil, de lynx et de renard blanc.
Donc, le rôle du trajet nordique dans le fonctionnement de l’infrastructure du Moyen Âge de la grande route de la soie était très important.

Les liens des régions de l’Europe orientale, de la Méditerranée et du Proche-Orient avec la Chine et l’Inde se réalisaient avec la participation des pays de l’Asie centrale, qui se sont retrouvés au carrefour du système de trois civilisations: antico-chrétienne du littoral de la Méditerranée, indouisto-boudhiste et Sino-confucéenne, ce qui a intensifié les contacts entre les civilisations se manifestant par l’échange de marchandise, d’information et par des liens culturels et économiques.

À l'époque où les Mongols conquirent les Bulgares de la Volga et les terres russes, le commerce des fourrures perdit beaucoup de son importance. Du vaste système qui, au cours des siècles précédents, avait approvisionné en fourrures de luxe, originaires du nord, les « quatre coins de la terre », il ne subsistait plus au XIIIème siècle qu'un commerce limité surtout aux fourrures locales qui étaient vendues à Soldaïa à des marchands türks seldjoukides.

Néanmoins, passé la période des dévastations causées par la conquête, les Mongols (ceux de la Horde d’Or) favorisèrent à Saraï une reprise du commerce des fourrures de luxe.

En ouvrant une nouvelle voie d'accès le long de la Kama aux peuples chasseurs de fourrures du nord-est ils réussirent à se procurer des zibelines, des hermines et d'autres fourrures septentrionales qui étaient transportées sur la Volga jusqu'à Saraï.

Cette ville devint non seulement un centre de “consommation” des fourrures boréales, mais aussi un lieu de transit commercial d'où les fourrures de luxe étaient expédiées par terre vers l'Allemagne, par bateau vers l'ouest aux marchands italiens résidant en Crimée, et vers l'est, par l'Asie centrale, jusqu'en Inde et en Chine.

Les marchands italiens se firent les spécialistes de la vente de ce produit de luxe qu’ils écoulèrent partout en Europe.

Remarque : Ibn Battuta, (1304-1369), décrit d'une manière vivante l'expédition des marchands de fourrures dans le Grand Nord, « le pays des Ténèbres » (Arz al-zulmat) et parle des traîneaux à chiens :

« On pénètre en passant par Bolghar et il y a entre ces deux points une distance de quarante jours ; [...] on ne voyage pas vers cette contrée sinon qu'avec de petits chariots tirés par de gros chiens [...]I1 n'entre dans ce désert que de riches marchands [...] Le guide des voyageurs dans cette contrée, c'est le chien qui а déjà traversée nombre de fois. Le prix d'un tel animal monte jusqu'à mille dinars ou environ. Le chariot est attaché à son cou, trois autres chiens sont attelés avec celui-ci ; il est le chef et tous les autres chiens le suivent avec les 'arabah


Lire également l'article sur La "Route de la Volga" (avant l'arrivée des Mongols)