Message 30 Sep 2005, 20:53

Ammien Marcellin, Un historien latin nous parle des Huns

Ammien Marcellin, Un historien latin nous parle des Huns


Voici ce que dit Ammien Marcellin , officier et historien latin d'origine grecque (330-400 Après J-C) à propos des Huns :

En Latin :
ubi quoniam ab ipsis nascendi primitiis infantum ferro sulcantur altius genae, ut pilorum uigor tempestiuus emergens conrugatis cicatricibus hebetetur, senescunt imberbes absque ulla uenustate, spadonibus similes, conpactis omnes firmisque membris et opimis ceruicibus, prodigiosae formae et pauendi, ut bipedes existimes bestias uel quales in conmarginandis pontibus effigiati stipites dolantur incompte.

En français :
Dès la naissance des enfants mâles, les Huns leur sillonnent les joues de profondes cicatrices, afin d'y détruire tout germe de duvet. Ces rejetons croissent et vieillissent imberbes, sous l'aspect hideux et dégradé des eunuques. Mais ils ont tous le corps trapu, les membres robustes, la tête volumineuse; et un excessif développement de carrure donne à leur conformation quelque chose de surnaturel. On dirait des animaux bipèdes plutôt que des êtres humains, ou de ces bizarres figures que le caprice de l'art place en saillie sur les corniches d'un pont.

La suite, directement en français :

Ils ne font cuire ni n’assaisonnent leurs aliments, vivent de racine sauvages et de viande mortifiée suis leur selle.
Leurs troupeaux les suivent dans leurs migrations, traînant des chariots occupés par leur famille. C’est là que leurs femmes filent et cousent leurs vêtement, enfantent et élèvent leurs enfants jusqu’à la puberté.

Leur habillement consiste en une tunique de lin et une casaque de peaux de rats cousues ensemble. Un casque ou un bonnet rejeté en arrière et des peaux de boucs roulées autour de leurs jambes velues complètent cet équipage. Leurs chaussures, taillées sans forme ni mesure, ne leur permettent pas de marcher, aussi sont-ils tout à fait impropres à combattre comme fantassins, tandis qu’une fois en selle, on les croirait cloués sur leur petits chevaux laids mais infatigables et rapides comme l’éclair.


C'est encore à cheval qu'ils délibèrent des intérêts de la communauté. L'autorité d'un roi leur est inconnue; mais ils suivent le chef qui les mène au combat.
Attaqués eux- mêmes, ils se partagent par bandes, et fondent sur l'ennemi en poussant des cris effroyables. Groupés ou dispersés, ils chargent ou fuient avec la promptitude de l'éclair, et sèment en courant le trépas. Aussi leur tactique, par sa mobilité même, est impuissante contre un rempart ou un camp retranché.
Mais ce qui fait d'eux les plus redoutables guerriers de la terre, c'est qu'également sûrs de leurs coups de loin, et prodigues de leur vie dans le corps à corps, ils savent de plus, au moment où leur adversaire, cavalier ou piéton, suit des yeux les évolutions de leur épée, l'enlacer dans une courroie, qui paralyse tous ses mouvements. Leurs traits sont armés, en guise de fer, d'un os pointu, qu'ils y adaptent avec une adresse merveilleuse.


Aucun toit ne les abrite. Les maisons chez eux ne sont d'usage journalier non plus que les tombeaux; on n'y trouverait pas même une chaumière. Ils vivent au milieu des bois et des montagnes, endurcis contre la faim, la soif et la froidure. En voyage même, ils ne traversent pas le seuil d'une habitation sans nécessité absolue, et ne s'y croient jamais en sûreté.


Aucun d'eux ne laboure la terre, ni ne touche une charrue. Tous errent indéfiniment dans l'espace, sans toit, sans foyers, sans police, étrangers à toute habitude fixe, ou plutôt paraissant toujours fuir, à l'aide de chariots où ils ont pris domicile, où la femme s'occupe à façonner le hideux vêtement de son mari, le reçoit dans ses bras, enfante, et nourrit sa progéniture jusqu'à l'âge de puberté. Nul d'entre eux, conçu, mis au monde, et élevé en autant de lieux différents, ne peut répondre à la question: "D'où êtes-vous?"


Certes, Marcellin ne devait pas être très objectif dans sa description, mais il donne, malgré tout, une image vivante de ces Huns tellement craints.
Che Khan, votre humble serviteur
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