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L'Art chez les Mongols Ilkhanides


Le mondes des Arts chez les 'Peuples Cavaliers'.

Modérateurs: Che Khan, Alokhan, Dame Annick, Tsagan Qütu

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Aide de Khan

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Message 30 Juil 2008, 18:49

L'Art chez les Mongols Ilkhanides

L'Art chez les Mongols Ilkhanides

Introduction :

Après le temps des guerres et des destructions, les Mongols Ilkanides désirent organiser et surtout rentabiliser leurs nouveaux territoires. Ils règnent sur un territoire rassemblant l’Irak,l’Iran et le Turkestan.

Les pays conquis étaient des états riches et prospères et même si, pendant les périodes troublées des conflits, leur économie fut ruinée, les Mongols décident de la relancer.

De plus, ils offrent l’avantage d’unifier et de pacifier une région qui était divisée entre d'innombrables royaumes ((saffarides,Buyides, Samanides,Ghazénides).

Ainsi et contrairement à l’idée reçue de faire d’eux des barbares incultes et non civilisés, les Mongols vont développer et encourager de nombreux courants artistiques.

Si de nombreux artistes avaient fuit en Egypte, certains étaient restés et avaient choisi de servir leurs nouveaux maîtres.

Plus tard, les khans mongols feront même du mécénat, encourageant les scientifiques de l’époque à travailler à leurs recherches.

Citons pelle-mêle :

- Ata al-Malik Djuvaïni, d'Urmia en Perse.
Très connu à Bagdad comme musicien, luthier et bibliothécaire du calife al-Musta Sim. Il est présent dans cette ville, en 1258, lors de son pillage par les mongols d’Hülegu. A la mort du calife, il se met au service des conquérants.
Il écrit vers 1287 un “Traité des proportions musicales” et sous la domination mongole il publie des ouvrages historiques sur la dynastie des Ilkhan.
Il reste célèbre pour sa " théorie systématique " qui repose sur la division de l'octave en 17 parties. Il est également l'inventeur de deux instruments de la famille du psaltérion et de l'archiluth.

- Nasir al-Din Tusi, l’un des plus grands savants de l’islam, à qui Hülegu fit construire un observatoire dans la ville de Mragha en 1259

- Rachid al Din, nommé vizir par Ghazan : homme de science, médecin et surtout, auteur d'un ouvrage intitulé Djami el tevarikh, qui comprenait l'histoire générale du monde, y compris celle de l'Europe.

De plus, grâce à l’Empire Mongol, les artistes du monde musulman entrent en contact avec les artiste du monde chinois. De cette rencontre, qui va ouvrir de nouvelles perspectives, vont naissent de nouveaux et riches courants artistiques.
Dame Annick, Aide de Camp de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'
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Aide de Khan

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Message 30 Juil 2008, 18:57

L'art chez les Mongols Ilkhanides

L’art Picturale :

Si il y a bien un art qui va se développer sous les Ilkhans c’est l’art de la peinture et surtout celui de la miniature (illustration livresque).
Certes, cet art existait déjà bien avant, mais il n’est pas étonnant que l’on considère que parmi les 3 grandes écoles de la peinture persane, l’école Mongole en fait partie (avec l’école Timouride et Séfévides).
Les artistes, en se mettant au service des Mongols, découvrent une esthétique nouvelle.
L’art islamique va connaître une influence d'Extrême-Orient qui va lui être grandement profitable.

De plus, la tolérance des Mongols permet une grande liberté d’expression.

Ainsi à partir de XIIIème siècle dans les principales cités du monde iranien comme Tabriz, Herat, Ispahan, Qazvin ou Chiraz, un art majeur va prendre un nouvel essor.


L’Architecture :

Même si les origines nomades des mongols ont tendance à les faire construire les bâtiments d'habitation en matériaux dégradables (bois, tissu), les il-Ilkhanides reprennent en grande partie les traditions des Türks Seldjoukides.
La brique est le matériau de construction privilégié et la céramique ou le stuc sont employés pour le décor.
Le plan iranien est utilisé pour les mosquées, toutefois, on note également que certaines traditions mongoles sont conservées : c'est notamment le cas des orientations en fonction des points cardinaux.

Les décor de céramique prennent de l’importance et se complexifie. Certains thèmes apparaissent, comme le thèmes animalier par exemple

Dans ville de Maragha, qui servait de capitale d'été, on y découvre un immense observatoire construit en 1259 sur l'ordre d’Hülegü Khan.
Il comportait seize bâtiments non couverts et était entouré de cinq tours.

La ville de Tabriz est agrandie par l'édification d'un faubourg (faubourg de Shams) qui comprend une madrasa, une académie, une bibliothèque et des résidences.

Abaga Khan fait édifier un palais sur les fondation d’un ancien ‘temple du feu’ sassanide. bâti en briques, il demeure plus ou moins conservé à ce jour. Son décor est abondant et riche notamment dans les carreaux de céramique aux formes diverses et décorés.

En 1304, Oldjaïtu fait établir une nouvelle capitale : Sultaniya. elle était composée notamment d'une citadelle à seize tours.

Sous le khan Gazan, le vizir Rashid al-Din ordonne également la construction de nombreux caravansérails le long des routes principales et de bains dans toutes les villes, ce qui génère des revenus.


Travail du métal, Orfèvrerie et Joaillerie :


Le travail du métal métal, de l’orfèvrerie et de la joaillerie existait en Iran bien avant les Mongols.

Les Ilkhanides vont se servir de ce savoir faire ancestral pour relancer les centres de productions.

Les historiens utilisent deux grands types de sources : les écrits d'auteurs contemporains et les manuscrits peints. Il en ressort qu'existaient sans doute de nombreux centres de production, mais les deux principaux étaient ceux de Tabriz et de Shiraz, qui donnèrent lieu à deux styles différents.

Le style de Tabriz :

La pièce maîtresse de cette série est un immense chandelier (47,3 cm de diamètre), le plus grand conservé du monde islamique, provenant d'un mausolée de Bastam et conservé au Museum of Fine Arts de Boston. Daté de 1309, il est en n bronze incrusté d'argent . De forme légèrement cintrée, il présente un décor incrusté d'argent et non figuratif (flore et calligraphie) du fait de sa destination religieuse.
On rattache aussi au style de Tabriz des boules de joints de 13 cm de diamètre environ servant pour les grilles de fenêtres, et plusieurs séries de boîtes, bassins, coffrets, brûle-parfum...

Le style de Shiraz :

Il fut étudié dans les années 1960-70 par les travaux de Melikian-Chirvani. On le reconnaît à un détail dans les inscriptions. en effet, on y trouve toujours mention des titres d'un souverain anonyme accompagnés des mentions "héritier du trône de Salomon" et "Shirazi" (de Shiraz). La forme la plus typique de cette série est un bol rond et bas décoré de cartouches épigraphiques et de médaillons polylobés avec des figures de chasseurs, cavaliers et de princes en trône. Souvent, une bande d'animaux courant prend place sur le col. On connaît aussi des bassins, des chandeliers et des coffrets qui relèvent de cette production.


l’art du textile :


L’art du textile est un art majeur; Il fut la base de l'économie Ilkhanide grâce à une importante exportation vers l'Europe. Les cadeaux diplomatiques étaient fréquemment constitués de tissus.

En 1323, ce sont sept cent pièces de soie qu'Abu Saïd Bahadour offre au sultan mamelouk Ibn Qala'un.

On ne connaît malheureusement que très peu de pièces conservées actuellement, et seule une œuvre appartient de manière certaine à la période, le nom d'Abu Saïd Bahadour y étant inscrit.

La plupart des pièces connues sont des lampas avec fils de chaîne et de trame en soie.
Parfois, la trame est enrichie de fils d'argent ou d'or et ceux-ci peuvent également être brochés une fois le tissage achevé. Les motifs d'inspiration chinoise, tant animaux (phénix, dragons) que floraux (pivoines, lotus) sont souvent employés.

Dans l’art du textile, on peut également y inclure l’art du tapis, très présent dans le monde nomade et très présent également en Iran.


l’Art de la Céramique :

La céramique de cette période est bien connue grâce à une intéressant source écrite : le traité d'Abu'l Qasim al-Kashani.

Descendant d'une grande lignée de potiers, Abu'l Qasim al Kashani.compose en 1301 un
ouvrage qui donne des recettes (pour la pâte siliceuse notamment), des techniques de décor (manaï, lajvardina, etc.) et de cuisson.
Ce traité est tout à fait unique en son genre, étant donné que la plupart des informations qu'il donne étaient conservées comme des secrets d'ateliers.

La céramique sera pourtant un peu moins raffinée que pendant la période Seldjoukide. Les formes seront un peu plus lourdes, les techniques utilisées plus simple (et moins cher), le décor plus stylisé.

Plusieurs centres de production sont recensés par les historiens :

- Kashan, seul centre absolument sûr, qui produit du lustre, mais semble cesser un temps
son activité, entre 1227 et 1269.

- Tabriz, qui est mentionnée par Abu'l Qasim et d'autres sources historiques.

- Rayy (à côté de l'actuelle Téhéran), un lieu actuellement disparu, mais également mentionné par Abu'l Qasim Sultaniya, qui ne semble avoir produit que quelques types ciblés.

- Kirman, dont la principale activité est l'imitation de céladons, mais qui produit également
du lustre.

On relève de nombreuses formes :

- Des formes d'inspiration extrême-orientale, à savoir les coupes à côtes de melon, les coupes à marli festonné et les coupes octogonales et à pans coupés sur piédouche.

- Des formes d'influence Seldjoukide, au nombres desquelles les présentoirs à épices et les albarelles renflées.

- Des formes nouvelles, d’influence mongole, principalement des bouteilles piriformes et des bols profonds.

grâce au commerce à travers l’empire, on note l'arrivée de motifs chinois, comme les fleurs de lotus, les phénix, les dragons.
Dame Annick, Aide de Camp de l'Ordoo du 'Corbeau Rouge'
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