Message 14 Jan 2011, 12:38

Baïdju (? - 1260)

Baïdju (? - 1260)

Baïdju est un commandant mongol au service d’Ögodaï, puis de Güyük et Möngke.

Il succède à Tchormaghan en 1242 et conserve cette fonction jusqu’en 1256.


A peine nommé à son poste, Baïdju reçoit l’ordre de se mettre en mouvement vers le sultanat seldjoukide de Roum sur lequel règne le sultan Kay Khusraw II et qui semble à son apogée.

Il bat les Seldjoukides à la bataille de Köse Dag (26 juin 1243) et assure le contrôle des Mongols en Anatolie.

Cette victoire étend l’empire mongol jusqu’aux portes de l’empire de Nicée. L’empereur de Trébizonde se déclare vassal des Mongols et leur paye un tribut.

Le roi de petite Arménie Héthoum Ier se soumet lui aussi aux Mongols, assurant ainsi la sécurité des Arméniens vivant hors de Cilicie. Cette politique est poursuivie par ses successeurs ce qui protégera la Cilicie aussi bien des Seldjoukides que des Mamelouks.

Cependant les Mongols ont de plus sérieux adversaires à l’est. Ils ne laissent que peu de forces dans la région et maintiennent leur suzeraineté par des raids punitifs.

En 1246, à la fin de la régence qui suit la mort d’Ögodaï, Güyük est élu grand khan. Baïdju tombe en disgrâce et Güyük nomme Eljigidei à sa place devenant ainsi, le supérieur de Baïdju.


C’est ce même Baïdju, que les cinq frères dominicains envoyés du pape Innocent IV et dirigés par Ascelin de Lombardie rencontrent le 24 mai 1247 à son campement situé du côté de l’Arran, au nord de l’Araxe, à l’est du lac Göktcha.

Mais Baïdju semble moins bien disposé envers les chrétiens que son prédécesseur Tchormaghan.
de plus, peu diplomate, Ascelin refuse d’accomplir devant lui la triple génuflexion due au représentant du khan. Baïdju, furieux, menace de faire exécuter les dominicains.

Heureusement pour eux, le 17 juillet 1247, Eljigidei envoyé par le grand khan Güyük arrive au campement de Baïdju. Celui-ci est chargé de remettre à Ascelin un message pour le pape. Ce message est de la même nature que celui qui avait été envoyé en novembre 1246 et confiée à Plan Carpin. Güyük revendique de droit divin l’empire universel et demande au pape de lui rendre hommage en personne, faute de quoi il sera traité en ennemi. Ascelin et ses compagnons quittent le camp de Baïdju le 25 juillet 1247. Baïdju leur adjoint deux envoyés "mongols" qu’Innocent IV reçoit longuement en 1248. Le 22 novembre 1248, Innocent leur remet une réponse pour les Mongols.

Güyük meurt en 1248 et en 1251, après une nouvelle période de régence, Möngke est élu grand khan.

Entre la mi-octobre 1251 et la mi-février 1252, Möngke fait arrêter Eljigidei et le met à mort . Baïdju reste seul chargé du gouvernement militaire jusqu’à l’arrivée d’Hülegü en 1255.

De 1240 à 1250, les Mongols parviennent à se maintenir sur un territoire qui correspond approximativement à l’Iran. Ils tolèrent de petits états indépendants comme la Géorgie. Ils se réservent le droit d’intervenir dans la succession de ces princes vassaux et de leur imposer le paiement de lourds tributs. Cependant, ils semblent butter contre le califat abbasside et contre les Nizârites (Assassins) d’Alamut.

En 1255, Möngke envoie son plus jeune frère, Hülegü, pour accomplir trois tâches dans le sud-ouest de l’Asie :

- L’assujettissement des Lors, un peuple vivant dans le sud de l'Iran.
- La destruction de la secte des "Assassins".
- Le renversement du califat abbasside.

De son côté Möngke Khan se consacre à la conquête de la Chine avec son frère cadet, le fameux Khubilaï.

En 1256, Baïdju vainc les armées seldjoukides à Aksaray . Kay Kâwus trouve refuge auprès de l’empereur byzantin Théodore II Lascaris. Cette nouvelle défaite des Seldjoukides provoque un nouvel afflux dans l’ouest de l’Anatolie de populations turques qui fuient l’avance mongole.

Hülegû vient est venu rapidement à bout de ses deux premiers objectifs accuse Bayju de n’avoir rien fait
ces dernières années sauf d’avoir fait peur aux troupes mongoles avec la puissance du calife abbasside.

Baïdju se lance alors dans une série de campagnes victorieuses pour se racheter aux yeux d’Hülegü.

Hülegü lui reproche également de ne pas avoir fourni des troupes pour la guerre contre les “Assassins”.

Baïdju reçoit l’ordre de rejoindre Mossoul et de descendre le long de la rive droite du Tigre pour protéger le flanc ouest de ses armées qui partent à l’attaque de Bagdad. Bagdad est prise par Hülegü, avec la participation de Baïdju, le 10 Février 1258.

Hülegü se lance alors à la conquête de la Syrie et de l’Égypte. La Syrie est alors partagée entre les Francs et les Ayyoubides. Les Francs, dans la principauté d’Antioche et le comté de Tripoli où règne Bohémond VI et dans le royaume de Jérusalem. Les Ayyoubides sont installés à Alep et à Damas.

Bien que les Ayyoubides ont fait allégeance aux Mongols en 1258, Hülegü est décidé à conquérir leurs territoires. La grande armée mongole se met en marche vers la Syrie. L’avant-garde est menée par Kitbouka. L’aile droite est commandée par Baïdju et le centre par Hülegü en personne.

Le 11 août 1259, le grand khan Möngke meurt.

Hülegü quitte la Syrie pour participer à la nomination de son successeur et ne laisse derrière lui qu’un faible contingent de 10 000 à 20 000 hommes. Le contingent laissé par Hülegü n’est pas mis sous les ordres de Baïdju mais sous ceux de Kitbouka.

Le sultan mamelouk d’Égypte Sayf ad-Dîn Qutuz veut profiter de cette situation qui lui semble favorable.
Le 26 juillet 1260, leur avant-garde conduite par l’émir Baybars, part vers la Palestine.

La rencontre avec Kitbouka se produit à la bataille d'Aïn Djalout le 3 septembre 1260.

Les Mongols sont vaincus, Kitbouka est fait prisonnier et exécuté.

C’est après cette défaite que Baïdju aurait été démis de ses fonctions, puis exécuté sur ordre d’Hülegü Khan