Message 10 Fév 2010, 20:32

Djamuqa (1152 - 1205)

Djamuqa, (1152 - 1205)

Djamuqa est un personnage important de l’épopée du peuple mongol.

Il serai un cousin éloigné de Temüdjin (le futur Gengis Khan). Ami d'enfance de Temüdjin , ils se déclare “anda” (frère de sang) l’un de l’autre.

Mais dans la course au pouvoir, ils deviendront rivaux et Djamuqa sera un redoutable adversaire pour Temüdjin.

Djamuqa fait partie de la tribu des Djadjirat. Il est un peu plus âgé que Temüdjin (2 ou 3 ans)

Alors que Temüdjin vit ses années de misère, Djamuqa est déjà le chef de sa tribu.

Vers 1184, les Merkit enlèvent Börté, l’épouse de Temüdjin. Trop faible militairement, Temüdjin demande l’aide de Toghril, khan des Kereyit, afin de récupérer son épouse. Toghril accepte de l’aider mais demande à Djamuqa d’ajouter ses forces aux leurs.
Ce dernier accepte et rassemble près de douze mille cavaliers prévenant de nombreuses tribus mongoles alliées a la sienne.

Tous réunis, les guerriers mongols qui se préparent à combattre les Merkit sont maintenant dix fois plus nombreux que les trois tribus Merkit qui leur font face.

La campagne est victorieuse, environ trois cents Merkit sont tués. La majorité des survivants, dont les enfants, deviennent des esclaves et les femmes sont distribuées aux guerriers de la coalition de Temüdjin, Djamuqa et Toghril. Temüdjin retrouve Börté. Djamuqa, qui s'est particulièrement illustré durant cette bataille, gagne l'estime de nombreux hommes qui l'ont vu combattre. Quelques guerriers mongols décident alors de le suivre.

Mais, après quelques mois, Djamuqa devient jaloux de Temüdjin. En effet, pour les Mongols,Temüdjin fait partie de l’aristocratie mongole et grâce à ses origines, il continue à jouir d'une popularité importante. Alors que Djamuqa, qui est d'avantage impulsif et imprévisible, est parfois critiqué.

Les craintes de Djamuqa se vérifie, lorsque Temüdjin est élu “Gengis Khan” par la noblesse mongole (aux environ de 1190).

Vers 1196, Gengis Khan s’allie, encore une fois, avec Toghril (Khan des Kereyit) et part en guerre contre les Tatars. Une campagne qui réussi aux deux alliés et qui conforte la position de Gengis Khan.

Djamuqa comprend qu’il est temps pour lui de réagir s’il veut contrer l'ascension de son rival. Il demande aux tribus qui le suivent de former une alliance.

On se sert d’un prétexte futile, parcequ'il en faut un. Taïtchar, frère de Djamuqa, capture des chevaux à un Djalaïr nommé Djötchi-darmala qui est un allié de Gengis Khan. Taïtchar est poursuivi et tué par Djötchi d’une flèche qui se loge dans le dos du voleur. On crie au scandale et à la vengeance.

Djamuqa et ses alliés posent un piège à Gengis Khan aux environs de la rivière Senkour, mais ce dernier, qui a un réseau complexe d'espions et d'éclaireurs même chez les alliés de Djamuqa est informé de la tentative et déjoue leurs plans.

Le combat entre les deux forces ne donne aucun vainqueur ni aucun perdant mais l’attitude très cruelle de Djamuqa avec les prisonniers terni un peu plus son image (il aurait fait bouillir des hommes de Gengis Khan dans des marmites).

Choqués, ou plutôt inquiets des réactions de Djamuqa, plusieurs chefs de clans de différentes tribus quittent Djamuqa pour rejoindre le parti de Gengis Khan.

Ainsi, après quelque temps, Djamuqa voit ses forces diminuer alors que celles de Gengis khan grossissent à son dépend.

En 1199, Djamuqa reçoit une invitation de Toghril Khan. Celui-ci veut se venger des Naïmans qui l'ont renversé cinq ans plus tôt .
Toghril demande également l’aide de Gengis Khan et force les deux chefs rivaux à se pardonner mutuellement et à redevenir alliés. Attirer par la promesse de butin de cette nouvelle campagne, ils obtempèrent à la demande de Toghril, non sans douter l'un de l'autre.

Les trois alliés attaquent Tayan Khan, le roi des Naïmans. Mais les Naïmans possèdent un large territoire derrière eux, ce qui laisse présager une longue campagne pour les réduire totalement.

Bientôt, les forces de Toghril, Djamuqa et Gengis Kham, éprouvent beaucoup de mal à les poursuivre et parcourt des centaines de kilomètres.

Toghril réalise qu'il n'est pas en position de rattraper les Naïman et rebrousse chemin. Köksé'u-sabraq, le général de Tayan Khan, en profite pour contre attaquer Toghril et le met en difficulté. A ce moment, Djamuqa mentionne à Toghril que Gengis Khan va le trahir au premier moment venu. Son stratagème fonctionne et Toghril abandonnent Gengis Khan à l'ennemi.

Au matin, Gengis Khan se rend compte qu'il est seul mais réussit néanmoins à échapper aux Naïmans.

Les Naïman choisissent alors de concentrer leur effort contre leur principal ennemi et attaquent à nouveau Toghril. Toghril envoie un messager à Gengis Khan qui met les Naïman et sauve les Kereyit qui se trouvaient dans une position très désavantageuse.

Toghril lui promet de ne plus jamais oublier ce qu'il a fait pour lui et lui offre son aide pleine entière.

Même si Gengis Khan rassemble autour de lui des personnages importants et plusieurs clans mongols, Djamuqa a toujours le soutien de nombreuses tribus mongoles (Djadjirat, Tayitchi'out, Saldji'out, Dörben, Qatagin) et même le soutien des Merkit, des Naimans et de certains Tatars.

En 1201, au cours d’un grand Quriltaï, Djamuqa se fait proclamer “Gur Khan” (Khan universel).

Il rassemblent une armée de plus de 20.000 hommes et décide, une fois pour toute, d’en finir avec son éternel rival.

Gengis Khan, quant à lui, n’a d’autre choix que de se tourner vers Toghril qui accepte de venir à son aide.

Vers l'automne 1201, les forces de Djamuqa affrontent celles de Gengis Khan et de Toghril.

Les troupes de Djamuqa sont supérieures en nombre mais le combat défensif de ses ennemis dans les monts Khingan est difficile. La pluie tombe fort et de nombreux guerriers des deux côtés glissent et chutent dans des ravins. Djamuqa se replie vers les plaines environnantes mais, certains des ses hommes, fuient le combat.

Lorsque le combat reprend, Djamuqa se retrouve avec des forces réduites. Il garde tout de même l'aide des Naïmans, des Oïrats, des Merkit et de ses propres tribus.

Mais c’est Köksé'u-sabraq qui prend le commandement de l'armée puisque Djamuqa a fait piètre figure durant la première bataille. Comme la première fois, Gengis Khan et Toghril se sont retranchés dans les monts Khingan. C’est une nouvelle défaite pour Djamuqa et ses alliés.

Et comme on élit par un khan pour qu’il perde des batailles, Djamuqa perd de plus en plus de vassaux.

Alors, toujours complotant, il trouve en Ilqa, le fils de Toghril, un nouvel allié.

En effet, Toghril se fait vieux et n'est plus capable de commander les Kereyit.

Ilqa reçoit les pleins pouvoirs sur la tribu et Djamuqa lui conseille de tuer Gengis Khan dans les plus brefs délais.

En 1203, Ilqa tente d'assassiner Gengis Khan sans succès.

Ilqa ne perd pas de temps et planifie une attaque nommé la “bataille des sables brûlants”.

Mais les pertes des Kereyit sont plus importantes que celles des Mongols de Gengis Khan et celui-ci envoie deux ambassadeurs aux Kereyit pour demander la paix et la réconciliation. Ilqa refuse.

Suite à ce refus, Gengis Khan attaque les Kereyit par surprise. La plupart des Kereyit, las de la guerre se rallient à Gengis khan. Mais d'autres, plus loyaux, font face aux guerriers mongols durant trois jours puis finirent par se rendre. Toghril, honteux et désemparé, fuit chez les Naïmans mais n’est pas reconnu par ces derniers ( ou est tout à fait reconnu) et est assassiné.

Djamuqa, quant à lui, réalise qu'il perd de plus en plus de terrain. Il fuit Ilqa pour se rendre chez Tayan Khan , Roi des Naïmans.

Gengis Khan gagne de plus en plus de sympathisants. De nombreux clans et tribus le rejoignent, même chez les Djadjirat. L'unification des mongols approche. Gengis Khan part en campagne contre les Naïmans, les bat et tue Tayan Khan. Djamuqa doit fuir encore une fois.

Vers 1205, isolé et découragé, Djamuqa est livré par les cinq derniers guerriers qu'il lui reste. Gengis Khan, qui déteste les traîtres les fait exécuter lorsqu'ils lui livrent Djamuqa (selon l'Histoire Secrète, il aurait même ordonné la mort de leurs enfants et petits-enfants).

Gengis Khan hésite durant quelques moments avant d'exécuter Djamuqa car il avait été son 'anda'.

Sa mort est un débat entre historiens, mais a plupart sont d'accords pour dire qu'il meurt d'une mort digne, par asphyxie et sans faire couler son sang.


Ce récit n’est qu’un pale résumé des pérégrinations de Gengis Khan et de toutes les personnes qui gravitent autour de lui.
Les sources les plus anciennes proviennent de l’ouvrage “ Histoire secrète des Mongols, écrit en 1227, en ouïgour, par un auteur anonyme et pour la famille royale mongole quelque temps après la mort de Gengis Khan.

Mes résumés viennent de deux sources différentes :

- Histoire de l'Empire Mongol de Jean-Paul Roux - Edition Fayard,1993.
- Le loup bleu de Yasushi INOUE - Edition : Philippe Picquier (Picquier Poche)
Che Khan, votre humble serviteur
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