Message 03 Oct 2005, 09:35

La Bataille de Legnica (Liegnitz), 9 avril 1241

La Bataille de Legnica, 9 avril 1241

Avant Propos :

En 1236, Ogödai Khan lance la première "Campagne de Russie" (ou "Campagne de Russie du Nord)

En 1240, les Mongols se lance dans la seconde "Campagne de Russie" (ou "Campagne de Russie du Sud").

En 1241, les Mongols continuent leur avancée en débutant la "Campagne d'Europe".


La Bataille de Legnica est une bataille qui voit s'affronter les troupes d' Henri de Silésie aux troupes mongoles Ogödai Khan, le 9 avril 1241
Cette Bataille fait partie des opérations militaires de la "Campagne d'Europe".


Contexte général :

Nous sommes au début de 1241, en plein hiver, Les forces mongoles envoyées par Ogödai Khan attaquent l'Europe centrale

Elles sont divisées de façon typique, en trois corps, deux ailes et un centre.

Le commandement est assuré par Batu, mais le vrai général en chef est, en fait, Subotaï.

Une pléiades de princes du sang sont également présent : Orda, Berké et Chaïban (les 3 frères de Batu) mais aussi, Güyük, Qada'an, Qaïdu, Baïdar et Büri.

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- EN BLEU : Le Centre, avec Batu , Chaïban et Subotaï , dirigent chacun une armée contre la Hongrie, qui est l'objectif principal
- EN VERT : L'Aile Droite, commandée par Orda, Baïdar et Büri attaque la Pologne, combat à Chmielnik, à Legnica pour ensuite rejoindre le Centre.
- EN JAUNE : L'Aile Gauche, Commandée par Qada'an a été concentrée en Bessarabie et débouche de la Moldavie.


Prologue :

L'armée commandée par Orda et Baïdar(20.000 hommes) doit jouer le rôle de flanc-garde dans le nord des Carpates. Sa mission est d'empêcher tout renfort des armées polonaises. Orda attaque la Mazovie avec un Tumen, tandis que Baïdar chevauche droit sur la capital, Cracovie, avec l’autre Tumen. Baïdar, arrivé à quelques kilomètres de la ville, infléchit légèrement son chemin, comme s’il souhaitait éviter Cracovie. Les Polonais, persuadés que les Mongols s’enfuient, font une sortie et tombent dans le piège, à Chmielnick, le 18 mars 1241.

Le 22 Mars, les Mongols arrivent devant Cracovie , dont de nombreux habitants ont déjà pris la fuite.
Le dimanche des Rameaux, les Mongols mettent la ville à feu et à flammes et font un grand nombre de prisonniers parmi la population qui était restée.

Plus à l'ouest, Orda atteint un endroit à l'est d'Opole , où il force l'armée du duc Miecislaw à la retraite.
Près de Ratibor, il traverse l' Oder .

Breslau (aujourd'hui Wroclaw ) tombe, a son tour, aux mains des Mongols, mais la citadelle elle-même ne se rend pas.

Le premier assaut des Mongols, contre la forteresse, ayant échoué, ceux-ci décident de ne pas perdre de temps à entamer un siège.
Ils contournent la citadelle et poussent vers l'avant.

Arrivé à Breslau en premier, Baïdar commence le siège. Il apprends qu’Henri de Silésie rassemble à Legnica une coalition composées des armées des princes du nord du pays.

Baïdar dépêche un messager à Orda et marche aussitôt sur Legnica (ou Liegnitz).

A Liegnica, Henri compte déjà 25.000 hommes, mais c’est un ensemble hétérogène mal entraîné, mal équipé et rassemblé à la hâte.
Le 9 avril, Henri de Silésie sort de Legnica à la rencontre des Mongols. Il range son armée dans la plaine de Walstadt et répartit ses troupes en quatre corps :

1 - Les volontaires de Goldbourg : mineurs silésiens qui n’ont que leurs outils et leur courage à opposer à la furia mongole.

2 - Les contingents de Grande Pologne : C’est une armée féodale classique et sont impatient de venger la prise de Cracovie.

3 - L'armée d’Oppeln et les chevaliers Teutoniques, sous la conduite du duc Mieczyslav d’Oppeln.

4 - Le centre, commandé par Henri de Silésie, regroupe le noyau de l’armée, avec les troupes moraves, silésiennes, les Templiers et les Hospitaliers . C’est une armée entraînée et expérimentée.

En face, les généraux mongols ont fait leur jonction. Malgré les combats, c’est une armée encore vaillante.

La Bataille :

La bataille débute de façon classique : l’avant garde mongole (archers légers) arrivant en formation serrée, provoque l'intervention des cavaliers silésiens. Mais ces derniers se replient assez vite dès les premières volées de flèches et Henri doit donner la cavalerie de la Grande Pologne et même les chevaliers Teutoniques.

Les Mongols reculent alors, sans que les Polonais ne parviennent à enfoncer leur rangs.

Henri de Silésie est mis en confiance et suppose que l’ennemi a déjà atteint son point de rupture. Il engage les Hospitaliers et les Templiers et s’avance à son tour. De ce fait, il jette dans la bataille toute sa cavalerie, ne gardant aucune réserve.

Des cavaliers légers mongols se déploient en deux ailes et cernent par les flans la cavalerie polono-silésienne, qui fonce au grand galop droit devant elle. Entre temps, les cavaliers de l’avant garde mongole ont rejoint la cavalerie lourde qui prend ses positions pour lancer sa contre attaque.

Les cavaliers légers mongols profitent de la dispersion des Silésiens et des Polonais, pour fondre sur leurs arrières et lancer leur fameux ‘pots à fumée’ dans les rangs déjà fort étirés. Provoquant la panique chez les chevaux comme chez les hommes, c’en est fait de la cohésion de la chevalerie polonaise qui perd toute sa puissance de choc.

Les coalisés sont alors mis en déroute par la charge de la cavalerie lourde mongole (cataphractée et armée de lance), qui bénéficie de l’effet de surprise.
Attaqué de toute part, stoppé dans leur élan, l’armée polonaise est promptement défaite.
La fine fleur de l'aristocratie de l’Europe nord-orientale tombe sous les flèches mongoles.
Les troupes à pieds, maintenant seules, isolées et démoralisées sont anéanties par la suite.

Les objectifs mongols sont remplis : Les Polonais ne viendront pas au secours des Hongrois. La Bataille de Mohi peut commencer.


Articles annexes :

Autres batailles de la "Campagne d'Europe" :

- La Bataille de Tursko, 13 février 1241 (Campagne d'Europe).
- La bataille de Chmielnik, 18 Mars 1241 (Campagne d'Europe).
- La Bataille de Mohi, 11 avril 1241 (campagne d'Europe).
Che Khan, votre humble serviteur
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